Envolez-vous en Équateur !

Chère Famille, Chers Amis,
Trois mois de mission se sont écoulés et nous revenons de nos semaines de vacances, batteries rechargées pour continuer l’accompagnement. 
Aujourd’hui nous vous donnons beaucoup de lecture !
Suivez-nous dans les hauteurs du Chimborazo et dans le centre colonial de Cuenca…

Péripéties avant départ

Le programme

La semaine avant notre départ, de nouvelles mesures anti-covid tombent : couvre-feu à 20h et interdiction de déplacements les week-ends (même pour des courses alimentaires) … Mais qu’à cela ne tienne, nous ne perdons pas le nord et nous revoyons notre itinéraire. Au programme, randonnée autour de Quilotoa (lac très connu au sud de Quito), excursion sur le Chimborazo (le plus haut sommet d’Equateur), puis semaine de 5 jours à Cuenca, ville coloniale du sud du pays. En 10 jours dans un pays qui restreint les déplacements, le pari est osé et nous nous rendons rapidement compte que la flexibilité sera le maître mot !

Le départ

Lundi matin, jour de départ, Héloïse part acheter en amont les billets pour réserver des places. Elle trouve porte close, les bus n’assurent plus le trajet ! Pas de temps à perdre, elle saute dans un bus pour aller dans la grande ville voisine et trouver une solution. Heureusement qu’une compagnie accepte de nous prendre sur leur passage et nous nous retrouvons 4h plus tard, assises dans un bus pour 4h de trajet. C’était sans compter le passage du contrôleur : il regarde nos billets, regarde nos têtes, regarde une deuxième fois nos billets et soupire : en bonnes touristes, nous avons seulement vérifié la destination du bus et non sa provenance… Nous allons dans la bonne direction mais dans le mauvais bus ! Nous décidons de repayer un billet; descendre sur la voie rapide et attendre le bon bus (s’il passe) nous semble un peu risqué.
Nous finissons par arriver à Latacunga (où nous devons passer la nuit) bien après 20h, en complète illégalité ! Heureusement notre hôte vient nous chercher rapidement et après un bon plat de pâtes, nous filons au lit : le lendemain le réveil sonne à 5h pour aller faire le tour de la Laguna Quilotoa ! 

Quilotoa, ou souffler à 3800 mètres d’altitude !

La Laguna Quilotoa est un réservoir d’eau dans un cratère de volcan. Un chemin de 12km en fait le tour, avec des sommets surplombant les eaux changeantes selon le soleil ! C’est une des grandes fiertés de l’Equateur et nous comptons bien en profiter. La météo est encore très instable et il pleut facilement à partir de midi. Partir tôt s’impose et nous quittons Latacunga à 6h du matin pour 2h de trajet. La route est superbe, les lumières douces du soleil levant viennent caresser les grands volcans que nous voyons pour la première fois ! Le Cotopaxi est rapidement noyé dans les nuages mais le Iliniza se dresse fièrement dans la brume matinale : quel spectacle !

L’arrivée à Quilotoa

L’arrivée à Quilotoa est tout aussi impressionnante. Nous sommes seules car nous arrivons avant les bus de touristes, il fait encore très beau, plutôt chaud, et la Laguna s’étale sous nos yeux avec le chant des oiseaux : impossible de faire mieux ! 
Il est 8h15 et pas de temps à perdre si nous voulons profiter du beau temps. Nous nous mettons en route car 5 à 7h de randonnée nous attendent ! 

Le chemin n’est pas difficile, il monte et descend sur tout le tour mais sans grand pic. Au bout de 2h de randonnée, le temps se couvre, le vent se lève, et le brouillard descend. Heureusement que nous avions déjà bien profité… L’eau change de couleurs en fonction des nuages, le sentier est très chouette, et nous savourons ces paysages juste pour nous. A 11h30, nous atteignons le plus haut point de la boucle (4000m) et les premières gouttes se font sentir. Elles vont même forcir et nous accompagner jusqu’au bout du chemin. Nous revenons au point de départ en 5h pile et nous sommes très fières de notre chrono ! Le rythme était cadencé et notre réveil matinal nous a vraiment permis de profiter à fond de cette journée ! 

Maintenant, retour à Latacunga et repos, car deux jours après, une autre ascension nous attend : le Chimborazo et ses 6 268m d’altitude … !

Montagnes
Chemin pour arriver au lac quilotoa

Le Chimborazo, “Al mal tiempo, buena cara !”

Le réveil sonne à 4h30 et pas une seconde à perdre, aujourd’hui nous attaquons le sommet de l’Equateur ! C’est une journée bien remplie qui nous attend : petit déjeuner et lever du soleil face au Chimborazo, marche entre les deux refuges jusqu’à 5100m puis 38 km de descente à vélo à travers l’altiplano équatorien… Le temps changeant vite, il faut partir tôt pour mettre toutes nos chances de notre côté et guetter chaque instant de soleil.
Mais décidément, la météo sera contre nous toute la journée et les nuages ne découvriront jamais totalement le Chimborazo. Qu’à cela ne tienne, fidèles à nous-mêmes, nous gardons le sourire vissé sur la tête toute la journée ! Comme disent nos guides “Al mal tiempo, buena cara” autrement dit “Au mauvais temps, garder un grand sourire” ! Et puis, il faut bien le dire, la journée fut assez incroyable…

Les débuts

Nous passons un lever du soleil un peu décevant. Le brouillard est très dense et nous ne voyons rien. Le petit dej nous permet de faire connaissance avec nos guides qui nous expliquent que le Chimborazo dans les nuages est monnaie courante. On dit qu’il met son poncho car il a froid ! Enfin bon… Nous aussi on a un peu froid mais ce n’est pas pour autant que l’on se cache sous nos couvertures : il serait temps qu’il se montre ce grand géant ! Mais nous ne perdons pas espoir, au fond il n’est que 7h30…

L’ascension du volcan

L’arrivée sur le Chimborazo restera gravée dans nos souvenirs et change notre journée. Dans notre 4×4, nous montons dans le brouillard, passons le poste de gardes du parc, et là comme par magie, un pan de nuages s’estompe. Le voilà, immense, sous un épais manteau de neige et de glace, brillant par le soleil doux du matin : le Chimborazo se dresse sous nos yeux émerveillés ! La sensation est assez difficile à décrire, on se sent à la fois minuscules face à la puissance de la nature et immensément chanceuses de pouvoir assister à ce spectacle. Le volcan semble sortir de son sommeil, duveteux dans son enveloppe de nuages, le silence autour de nous est presque religieux, et surtout, nous sommes seuls. Pas un touriste à l’horizon, juste nous, le Chimborazo et quelques têtes de vigognes (cousines du lama) qui vivent dans le parc en liberté. 

Un paysage époustouflant

Il est facile de comprendre la fascination des alpinistes : le sommet du volcan semble nous appeler, nous narguer. Impossible de savoir où donner de la tête car le paysage change vite, les nuages bougent rapidement et notre excursion jusqu’au dernier refuge nous attend. Un morceau de chocolat pour des sucres rapides, une paire de gants et nous voilà en route vers le refuge qui sert de point de départ à ceux qui font l’ascension complète. Le chemin est très rapide et en 45 minutes nous voilà à 5100m d’altitude. Et dire qu’à 5 500m d’altitude il y a deux fois moins d’oxygène qu’au niveau de la mer ! Notre acclimatation paye ses fruits puisque nous marchons devant nos guides qui paraissent un peu essoufflés… Quelle fierté !! Malheureusement les nuages ont repris possession du paysage et les sommets du volcan sont invisibles. Cela ne nous empêche pas de nous mettre à la place des héros de Roger Frison-Roche, et d’imaginer les crevasses, la neige et la glace qui attendent les vaillants alpinistes qui se mesurent à ce grand volcan. Le cœur battant dans les oreilles, nous essayons de suivre des yeux le chemin couvert par la neige qui serpente entre les blocs d’asphalte. Il se perd dans le brouillard, nous laissant la tête pleine de rêves. Peut-être nous un jour, qui sait… ?

Chamois en haut du volcan Chimborazo
Chimborazo dans le brouillard avec une silhouette de chamois devant

Une descente en vélo

La descente jusqu’à la voiture est rapide et la deuxième partie de l’aventure commence : 38 km en Vélo Tout Terrain, d’abord sur les flancs du Chimborazo puis dans les hautes plaines équatoriennes, entre champs et petits villages. Ce moyen de transport nous permet de profiter d’une variété de paysage en un temps record, le tout en restant au plus proche de la nature. Les gracieuses vigognes et leurs petits ne nous fuyaient pas lorsque nous nous retrouvions sur le même chemin. Un peu plus tard sur notre trajet, l’odeur des pins et la hausse de la température nous donnent l’impression d’avoir changé de région ! Ce que nous retenons de cette journée, c’est qu’il faut faire preuve d’humilité face à la nature. Beaucoup de choses nous échappent, dont la météo, et nous apprenons à lâcher prise et tirer le meilleur de ce qui se présente à nous. Comme souvent après des journées aussi éprouvantes, un mélange de fierté et d’émerveillement nous accompagne jusqu’à l’heure du coucher (avec les poules à 21h….!).

Descente du Chimborazo en vélo
Heloise et Clotilde en vélo devant une maison enneigée

Cuenca ou l’art de prendre du temps pour vivre

L’arrivée à Cuenca se fait sans encombre et nous nous installons pour un week-end confiné. Il passe assez vite et nous en profitons pour trier nos photos, passer quelques coups de téléphone, et surtout prendre le temps de ne rien faire et profiter du soleil dans la cour intérieure. Le programme de nos quelques jours à Cuenca est assez simple : il n’y en a pas ! Nous comptons nous laisser porter par nos envies, par la météo, par nos estomacs et nous perdre dans la ville. Une seule case à cocher : visiter le parc national de Cajas, grand parc régional à 3 000m d’altitude avec de belles montagnes, et beaucoup de lacs ! Nous décidons d’y consacrer le lundi, et gardons le reste de la semaine pour visiter la ville.

Cajas est assez beau, mais manque de chance, nous le voyons sous la pluie et les nuages bas… Nous y marchons 2h30 et décidons de rentrer : nous avons quand même vu de beaux paysages. Avec cette météo, on se croirait presque en Irlande ou en Cornouailles, la sensation est très amusante !

Parc national préservé

Une ville coup de coeur

Cuenca est un véritable coup de coeur ! Nous avons eu beaucoup de chance avec le temps car un grand soleil a accompagné toutes nos balades. Cela nous fait aussi beaucoup de bien de passer quelques jours dans une vraie ville, avec des restaurants occidentaux, et de pouvoir être de vraies touristes ! Nous passons la semaine avec deux amis françaises, Maya et Victoire, qui terminent deux mois de mission en Colombie. C’est si chouette de pouvoir prendre du recul à quatre, de se questionner mutuellement et de s’aérer l’esprit. Nous passons mardi et mercredi à arpenter la ville, à retrouver le goût des bières belges, et même à manger des pains au chocolat ! Bref, une semaine reposante et ensoleillée où nous avons beaucoup ri, une vraie semaine de vacances.

Le retour à Otavalo

Le jeudi sonnant le retour arrive très vite… Nous passons la journée dans un bus, 9h de route jusqu’à Quito où nous passerons la nuit. Maya et Victoire partent directement à Otavalo, elles se confineront avec nous le week-end mais veulent découvrir la ville avant. De notre côté, grande étape de l’aventure, nous allons faire prolonger nos visas de trois mois pour finir la mission !  Prévoyantes, nous sommes devant les bureaux à l’ouverture, passeports prêts, grands sourires aux lèvres, s’attendant à une journée d’attente dans une grande salle à ne rien comprendre… Après trois mois dans le pays, nous avons vite compris que les notions de temps et d’organisation sont assez légères, autant prendre large. A notre grande surprise, en 1h30 tout est réglé dans la joie et la bonne humeur : du jamais vu ! Nous partons rapidement pour Otavalo : il faut faire quelques courses avant le week-end et nous avons hâte de rentrer chez nous… Quelle chance de se sentir chez soi à l’autre bout du monde !

Et maintenant ?

Avec Impulso

Après nos semaines de vacances, il nous reste 8 semaines de mission avec Impulso, c’est assez vertigineux comme nouvelle… 8 semaines que nous allons vivre à fond pour transmettre encore plus de choses aux femmes du comité ! 8 semaines où nous allons bien profiter de l’Equateur, il nous reste le Cotacachi à escalader, et peut-être même le volcan Cayambe, mais aussi retourner dans l’Intag, continuer à bien faire du sport et à s’immerger dans la culture équatorienne.

Personnellement 

En dehors de la mission, Clotilde a été reçue au Master 2 International Human Resources du Ciffop juste avant les vacances : les vacances furent d’autant plus détendues ! Mais l’effort ne s’arrête pas là puisqu’il faut chercher une alternance.. Cela tombe bien car Héloïse est aussi en recherche de stage : encore un beau défi qui attend notre binôme, nous allons bien nous motiver.

Un petit bilan

Avec ces deux semaines de pause, nous en avons aussi profité pour faire le point sur notre mission et les leçons que nous tirons de ces premiers mois. Nous avons l’impression d’avoir tellement appris et grandi! Tant professionnellement que personnellement, ces trois premiers mois furent riches en apprentissages. Donner de soi pour les autres, savoir mettre des limites, apprécier prendre des risques, dépasser ses limites, se faire confiance, ne pas se laisser influencer par des biais culturels… Les sujets sont nombreux et nous n’avons pas fini d’apprendre : nous comptons bien profiter des ces deux prochains mois pour creuser tous ces sujets ! 

Nous espérons que de votre côté tout va bien! Les beaux jours arrivent en France et nous sommes heureuses pour vous en voyant que les restrictions vont s’alléger. 

Nous pensons beaucoup à vous et vous embrassons tous bien bien fort!

A très vite pour les prochaines nouvelles de l’équateur !

Clotilde & Héloïse