Ascension de l’Imbabura !

Certaines aventures demandent une newsletter juste pour elles… Alors sans plus attendre, partez avec nous à l’assaut des sommets équatoriens ! C’est parti pour l’ascension de l’Imbabura ! Bon voyage ! 

Notre premier volcan !

Vous le savez, Otavalo est entourée de montagnes et de volcans. Depuis plus de deux mois, nous nous sommes habituées à l’altitude et rêvons de hauts sommets. Souvent dans le matin ensoleillé, depuis notre terrasse, nous observons ces grands géants qui nous surplombent. Le plus près, l’Imbabura, a souvent la tête dans les nuages, nous laissant apercevoir, par temps clair, des crêtes effilées aux rochers peu accueillants… Café à la main nous nous toisons depuis notre arrivée, avec un mélange de fascination et de crainte, allons-nous risquer l’aventure ?!

La préparation

L’entrainement

Pour gravir ces 4600m d’altitude, il faut un cœur déjà bien habitué à l’effort physique sans beaucoup d’oxygène. Ni une ni deux, dès les premières semaines, nous nous sommes mises au travail avec un objectif : entraîner nos corps et nos cœurs à un effort physique plus poussé qu’un simple jogging. Notre première randonnée autour de la laguna Cuicocha nous a permis deux choses : rencontrer deux amis équatoriens qui deviendront nos guides et faire l’état des lieux de notre condition physique…

Les guides de montagne

Ce sont ces deux amis, Mateo et Marco, qui nous ont aidées dans notre préparation et pendant notre ascension. Ils connaissent très bien les sommets de la province et travaillent parfois en tant que guides sur leur temps libre. Selon leurs recommandations, il valait mieux faire l’ascension de l’Imbabura sur deux jours afin de diviser l’effort physique et atteindre le sommet (4630 m) au lever du soleil. À voir leurs yeux briller en nous décrivant les paysages, il n’en fallait pas plus : nous avons sauté sur l’occasion !
Après deux mois de sport régulier, de randonnées dans les “petits” sommets voisins, un brief avec nos guides, un cake salé à peine sorti du four et des sacs bien attachés : le grand jour arriva vite… Ainsi, nous sommes partis tous les quatre un samedi midi, bien équipés et le programme en tête :  camper à 4 200 m d’altitude et arriver au sommet au petit matin pour le lever du soleil ! 

Clotilde et Héloïse préparent leur sac pour l'ascension de l'Imbabura
Clotilde dans le camion qui les amènera jusqu'au pied du volcan

Le coeur dans les oreilles et des étoiles plein les yeux

Le début de l’ascension de l’Imbabura

La première partie de la randonnée, c’est-à-dire de la fin de la route carrossable jusqu’au terre-plein où planter la tente, fut longue et éprouvante. La pente, très raide, ne permettait pas de récupérer son souffle. Malgré une forme physique correcte, nous avions le souffle court, et le cœur qui battait dans les oreilles… Il nous a fallu 3h30 d’efforts, des pauses et des jurons en français pour savourer un coucher de soleil unique. Tout au long de la montée, il suffisait de se retourner ou de lever la tête pour trouver du courage dans les paysages: la vue magnifique nous faisait presque oublier la difficulté de l’effort.

Le volcan Cayambe

Le clou du spectacle de ce samedi reste la présence majestueuse du volcan Cayambe. Culminant à 5 790m d’altitude, nous l’avions déjà aperçu de loin mais là, la scène semblait irréelle. Cayambe, tel un géant endormi, surplombait une mer de nuages rosés par le soleil couchant. La neige et la glace attrapaient les derniers rayons du soleil, faisant luire le sommet d’une lumière toute douce; tandis que les étoiles venaient lentement consteller le ciel. Nous étions tous les quatre, seuls au monde, rouges et transpirants de notre montée, le souffle coupé par l’effort physique et la beauté du spectacle. Quelle fierté et quelle récompense ! Et surtout quel avant-goût pour demain…. 

Mais la nuit tombe vite et le froid aussi, alors pas de temps à perdre. 

Clotilde et Héloïse sont accompagnées de leurs guide de montagne
Photo du sommet enneigé de l'Imbabura

Camping à l’Équatorienne

Un manteau, une paire de gants et au boulot : il faut monter la tente et préparer le dîner.
Ce doit être culturel, mais nous avons l’impression que les Équatoriens n’ont pas du tout la même définition du picnic ! Les consignes étaient claires : prendre le moins possible et le plus pratique à manger. De notre côté nous avions un cake salé, une brioche, et notre grand trésor, acheté lors d’un aller-retour à Quito : un saucisson !! Nous vous laissons imaginer nos têtes quand les garçons sortent de leur sac casseroles, poêles, réchaud, riz, poulet, épices et huile afin de se cuisiner un vrai “seco” digne d’un comedor… Mais qu’à cela tienne, nous avons donc fait un vrai repas chaud et avec un morceau de saucisson,  il n’en fallait pas plus pour nous rendre heureuses !
Nous dînons en savourant notre chance et en réalisant petit à petit ce que nous vivons : dormir à 4200m d’altitude, en Equateur, seuls, la montagne pour nous, ce sont des images que nous ne sommes pas prêtes d’oublier ! 

Campement au sommet de l'Imbabura avec Clotilde et Heloise

Derniers efforts

Une longue nuit

La nuit non plus, ne risquons pas de l’oublier, sûrement une des plus froides jamais vécues ! Le vent s’est levé dans la nuit et malgré plusieurs couches de protection, impossible de récupérer. Ainsi, Après une nuit hachée, un peu avant 5h du matin,  équipés de casques et de lampes frontales et sous six couches de vêtements, nous sommes repartis à l’aventure. Il y avait quelque chose d’assez magique de marcher à la frontale, les uns derrière les autres, sans savoir si le vide était plus à gauche ou à droite… Nous étions prévenues, cette partie du chemin était bien différente de la veille, plus proche de l’escalade que la randonnée…

Les derniers mètres de l’ascension de l’Imbabura

En effet, la montée à 4630 nous a pris presque trois heures au lieu des “2h maximum” prévues par nos amis. Il faut dire qu’ils sont davantage habitués à faire ce genre de sommets en courant… ! Le jour s’est levé progressivement à mesure que nous grimpions toujours un peu plus haut, quel spectacle… Mais attention au vertige ! En découvrant les pentes raides de chaque côté du chemin que nous empruntions, nous avons redoublé de prudence. Les embûches se succèdent, nous grimpons entre les éboulis, descendons entre les grands rochers, en restant concentrés à 100% sur nos pas. Nous le sentons bien, chaque pied posé trop rapidement nous fait osciller, pas le droit à l’erreur. Mais nous ne lâchons rien, pas à pas, nous rejoignons le premier sommet, puis le second, point culminant. Malheureusement, impossible de trop s’attarder,les nuages noirs au-dessus du volcan voisin annoncent un orage proche de nous. Nous prenons juste quelques minutes pour saluer notre effort et manger un peu de chocolat pour célébrer Pâques et en route pour la descente !

Les aléas de l’Imbabura

Nous avons eu raison de nous hâter car raprès quelques pas, la grêle se met à fouetter nos visages… Heureusement que le plus gros est derrière nous; nous redoublons de précaution, puis la grêle laisse place à la neige, et au fur et à mesure que nous descendons, seul le vent persiste. Nous rejoignons notre tente vers 11h, épuisés et bien décidés à nous reposer un peu avant d’entamer la deuxième partie de descente. 

Escalade de l'Imbabura, derniers mètres avant l'arrivée
Clotilde et Héloïse équipées après leur ascension arrivent au sommet

Rentrer pour repartir !

Après avoir rangé le campement, nous repartons sur les coups de 15h. La descente est douloureuse, nous sentons que notre corps a bien travaillé et qu’il a hâte de retrouver un lit chaud. Après toute l’humidité de la journée, le sol en terre est bien glissant et nous enchaînons les chutes ! Heureusement que le soleil nous accompagne, nos jambes vont puiser des forces que nous ne pensions pas avoir.

C’est finalement un peu avant 20h que nous rejoignons Otavalo, en marchant douloureusement du terminal de bus jusqu’à la maison ! Une bonne douche et 10h de sommeil ne furent pas de trop pour nous aider à récupérer…

Notre prochain défi

Ce fut une expérience très forte, pas toujours une partie de plaisir… mais quelle fierté de se dépasser physiquement et mentalement ! Le prochain sur la liste est le volcan Cotacachi, à 4900m d’altitude. Autrement dit, plus haut que le Mont Blanc, et avec peut-être un peu de neige en haut, il s’escalade en une journée… Encore un grand défi mais comptez sur nous pour ne rien lâcher : on ne nous arrête plus !

A très vite pour les prochaines nouvelles de l’équateur !

Clotilde & Héloïse

Héloïse et son équipement dans la descente du volcan Imbabura