Vie équatorienne

Déjà un mois et demi que nous sommes en Equateur : le temps file à toute vitesse ! C’est surtout que nous sommes bien occupées : le travail avec le Comité se met en place et nous continuons de découvrir le pays avec enthousiasme… Voici quelques nouvelles en espérant vous faire voyager avec nous dans notre vie équatorienne ! 

L’accompagnement du Comité Central de Mujeres de la UNORCAC

Après plusieurs semaines d’observation et de présence assidue, nous gagnons progressivement la confiance du Comité avec lequel nous travaillons. Nous mettons donc (enfin!) le nez dans des choses concrètes. Grâce aux différentes activités génératrices de revenu, le Comité espère renforcer son action auprès des femmes des communautés. Laissez-nous vous en dire plus sur les projets qui sollicitent le plus notre accompagnement !

Connaissez-vous la Chicha Morada ?

Cette boisson andine traditionnelle est faite à partir de farine de maïs fermentée, de sucre brun et d’eau. Le goût est assez fort, la texture parfois un peu pâteuse et nous avons encore un peu de mal à apprécier. Mais ici, c’est une boisson qui se consomme comme de l’eau… Le Comité possède une petite usine. Elle propose sa production jusqu’à la capitale, tant pour des petits restaurants que pour des structures plus conséquentes. Aujourd’hui, la rentabilité du projet est compromise pour deux grandes raisons. 

La première est bien évidemment la crise sanitaire. Les commerces marchent au ralenti et les clients ne se pressent pas à la porte pour commander des litres de boisson.

La seconde concerne l’organisation des femmes autour du projet. Là, les sujets sont nombreux. Premièrement, l’usine n’est pas aux normes sanitaires et les femmes sont réticentes (voir refusent simplement) à travailler si elles ne sont pas payées. Ensuite les justificatifs d’achat de matières premières et ceux de ventes sont disséminés entre l’usine, les papiers personnels des femmes et le classeur de compatibilité de l’association…

Bref, autant de petites subtilités que nous découvrons au fur et à mesure. Et qui ne facilitent pas l’aide que nous souhaitons apporter ! Aide qu’elles attendent pourtant avec impatience puisque leur objectif est de relancer la production ! Et surtout d’en faire une source de revenu pérenne… Mais nous ne baissons pas les bras, bien au contraire ! Nous continuons de creuser pour être certaines d’avoir tous les éléments en main avant de chercher des solutions… 

Visite de la plantation chicha mojada et rencontre avec les employés
Découverte de la préparation de la chicha mojada avec les employés

Retour dans le passé: la cantine !

Le Comedor, requiert également notre attention ! Ce restaurant/cantine est au sein même du bâtiment dans lequel nous travaillons conjointement avec le Comité.

Ce projet de comedor, c’est vraiment le projet auquel Magdalena, la présidente du Comité, accorde le plus d’importance. En effet, à l’époque où tout allait bien, c’est elle qui en était la responsable. Nous sommes touchées par la confiance qu’elle nous accorde pour en faire un succès. Elle désire que nous nous en occupions “como si fuera su propio negocio*” (*comme s’il s’agissait de votre propre entreprise).

Les objectifs

Tout d’abord il y a la nécessité de le rendre rentable ! Mais aussi de valoriser une identité à travers une cuisine traditionnelle réalisée avec les produits des communautés. Là, notre accompagnement prend un peu plus vite de l’ampleur ! Nous allons devoir construire une vraie identité à ce Comedor (nom, logo, slogan, histoire à raconter, valeurs et message à transmettre, menus à travailler). Puis mettre en place toute la communication (flyer, presse locale, bouche à oreille….). Et surtout s’assurer de la viabilité du projet (étude de la concurrence, quel public viser, comment structurer la comptabilité….).

Préparation des fruits et légumes pour la cantine accompagnée par nos volontaires

Notre vie équatorienne

Notre premier sommet à 4 200m d’altitude !

Le dernier week-end de février, nous nous sommes fixées un objectif de randonnée un peu plus ambitieux que le précédent. Monter à 4 200m d’altitude au sommet de la montagne de Fuya-Fuya qui surplombe la laguna Mojanda.
Et quelle montée ! Nous nous sommes retrouvées plusieurs fois à quatre pattes, nous hissant grâce aux touffes d’herbe, la respiration coupée par l’altitude … Heureusement que le paysage était somptueux ! En revanche, vers 11h, alors que nous grimpions depuis déjà deux heures, le brouillard s’est emparé du paysage. Une fois tout en haut, il nous était impossible de voir au-delà de dix mètres. Dommage pour la jolie vue… Pour couronner le tout, une bruine nous a accompagnées pour redescendre !
Nous sommes quand même ravies et fières d’être parvenues au sommet ! Nous prévoyons d’y retourner, en planifiant un départ plus tôt, vers les 5h du matin. Ici, les matinées sont bien souvent plus dégagées que les après-midi !

Randonnée dans les montagnes et autour du lac Mojanda en Equateur
randonnée dans les montagnes à 4 000 mètres d'altitudes

Plongée dans la culture métisse

Dans le cadre du travail, nous avons rencontré Rosana. Elle donne des cours de couture gratuitement le mardi matin aux femmes du Comité. Elle souhaite leur faire acquérir de nouvelles compétences et éventuellement compléter leurs revenus. Alors que nous faisions connaissance avec elle, elle nous a expliqué qu’elle travaillait actuellement sur un projet de couture important : une robe pour la Quinceanera (anniversaire des 15 ans) d’Emily, sa petite fille.

La culture équatorienne

Fêter ses 15 ans c’est célébrer le passage de l’adolescence vers l’épanouissement de jeune femme. En Amérique latine, c’est une fête très importante pour les familles et certains parents n’hésitent pas à s’endetter pour offrir à leur fille une fête digne de princesse… Robe rose et gâteau assorti, messe spéciale, dîner de famille, discours, soirée entre amis : il faut sortir le grand jeu ! Nous sautons sur l’occasion. Clotilde et son appareil photo proposent de s’occuper du shooting photo lors de ce jour spécial !

La quinceañera

Nous nous retrouvons donc sur les hauteurs de Cotacachi le samedi suivant, dans une belle propriété prêtée par des bons amis de la famille. Emily était tout de rose vêtue, presque une tenue de mariée, le travail de sa grand-mère était impressionnant…  En échange de notre service, et aussi parce que nous nous sommes très bien entendues avec la famille, nous sommes invitées à la messe d’anniversaire et à la soirée. Quelle chance de pouvoir vivre une telle journée ! Nous en avons pris plein les yeux, les discours des parents nous faisant même verser quelques larmes… 

Invitation à la quinceaneras d'EMily, la petite fille de rosana, une fête importante en équateur

Un peu fatiguées par la vie mouvementée de ces dernières semaines et par nos week-ends sportifs, nous partons ce vendredi matin dans la Vallée de l’Intag pour 4 jours de repos! Ce sera l’occasion de prendre un peu de recul sur notre quotidien et de découvrir cette région qui a l’air magnifique. Comptez sur nous pour vous raconter ! 

A très vite pour les prochaines nouvelles de notre accompagnement et vie équatorienne !

Clotilde & Héloïse