Instant culture de Septembre :

L’État d’urgence déclaré en Equateur

RETOUR SUR LES FAITS

Le 1er octobre, le président de l’Equateur, Lenin Moreno a annoncé par décret des mesures drastiques sur l’ensemble du pays, dans le but de se plier aux exigences du FMI, qui a accordé à l’Equateur un prêt de 4 milliards de dollars. Entre autres, une hausse du prix du carburant de plus de 120%, des restrictions salariales, des congés en moins pour les fonctionnaires… Depuis, l’Equateur est sous régime d’état d’exception sur l’ensemble de son territoire depuis le 3 octobre et pour une durée de 60 jours. Cette mesure s’accompagne notamment d’un renforcement du dispositif sécuritaire et d’une restricition de la liberté de circulation.

GRÈVE NATIONALE DU 3 AU 13 OCTOBRE

Une grève générale a alors eu lieu à travers tout le pays. Bien que nous n’ayons couru aucun danger durant cette période, la situation était alarmante : aucun transport, et tous les commerces étaient fermés pendant 10 jours. Le pays était paralysé, personne ne travaillait. Nous avons donc aussi dû arrêter de travailler : les blocages sur les routes et l’absence de transports nous empêchaient d’aller voir nos entrepreneurs, qui étaient de toute manière, très occupés et engagés dans les manifestations.

NOTRE SITUATION EN TANT QUE VOLONTAIRES PENDANT CETTE CRISE POPULAIRE

Dans les grandes villes, les mobilisations étaient parfois violentes, et les dérapages avec les forces de l’ordre fréquents. Ce sont principalement les populations indigènes qui se sont mobilisées et qui réclamaient un changement de régime. Ces communautés se trouvent majoritairement dans les provinces de la Sierra (région montagneuse des Andes) dont Otavalo fait partie. Les indigènes représentent la classe la plus pauvre d’Equateur, ils vivent simplement et de manière traditionnelle. C’était donc les plus touchés par les nouvelles mesures. A Otavalo, où nous vivons, l’ambiance des manifestations était différente de celle des grandes villes. Ici, les manifestations quotidiennes se faisaient en famille et étaient toujours pacifiques. Nos socios nous ont expliqué qu’il était de “leur devoir” de se rebeller contre le gouvernement actuel et de défendre les intérêts de leur communauté, tout en conservant leur calme si propre à la culture Kichwa.

Finalement, le 13 octobre à 22h, le décret a été abrogé. Nous ne saurions vous décrire l’état d’allégresse après une telle nouvelle. A Otavalo, tout le monde est descendu dans la rue pour crier la victoire du peuple. C’était pour tous un très beau moment. Depuis, nous reprenons notre travail, et tout rentre petit à petit dans l’ordre. Des négociations ont été ouvertes pour arriver à un nouvel accord.

Ariane & Anne-Claire

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