Impulso, c’est certainement la plus grande expérience humaine qu’il m’ait été donné de vivre dans ma jeune vie.

 

Voici l’une des problématiques sur laquelle nous avons pu travailler dans le cadre de notre mission à Otavalo.

Jusqu’à il y a encore quelques années, l’essentiel des commerçants d’Otavalo se trouvaient au cœur de la ville. Toutes les relations commerciales se faisaient ici. Dans chaque rue du cente-ville, l’on pouvait trouver tous les jours des dizaines d’étales proposants fruits, légumes, viande, poissons et épices en tout genre.

Cependant, cette activité prenant de plus en plus d’ampleur, l’hygiène dans les rues de la ville déclinait fortement, et la mairie décida qu’il fallait trouver une solution.

C’est ainsi que la puissance publique opta pour réunir l’ensemble de ces marchands dans un « super-mercado » situé à la sortie de la ville.
Problème en apparence résolu, il en découla de nombreux autres, et on a vu apparaitre une certaine précarisation des commerçants.
Tous les commerçants sont regroupés par rapport aux catégories de produits qu’ils vendent, ce qui laisse place à une concurrence féroce sur une petite zone.
Le marché est à la sortie de la ville, donc loin des habitations de certains Otavaliens. (Otavaliens ?)
De petits commerce de proximité ont remplacé les étalages de rue, faisant perdre une bonne partie de la clientèle de ces marchands. Le chiffre d’affaires moyen ayant régressé de 1000$/mois à 700$ …
Et niveau tourisme, c’est le vide intersidéral.
Les habitants de la ville estiment que ce nouveau marché est trop grand, qu’il y fait froid, et que les gens sont tristes.
La problématique n’est plus d’ordre hygiénique, mais bien d’ordre sociale. La route de l’enfer est bien pavée de bonnes intentions.
En fait, cela ressemble plus ou moins à un centre-commercial américain, sans les avantages.

Conclusion : Dans toutes les aides que vous prodiguerez aux entrepreneurs d’une culture différente, il est important de prendre en compte leurs avis et d’anticiper les externalités négatives qui peuvent découler d’une action ciblée comme le déplacement des marchands d’un lieu à un autre.

Ce n’est pas parce qu’un système fonctionne quelque part qu’il fonctionnera ici.

L’écoute et l’adaptation sont les règles d’or 🙂

C’est ainsi que des associations de commerçants se sont mise en place, afin s’entraider et de recréer ce lien social qui semble s’être perdu …
Et c’est dans ce cadre-là que les étudiants d’Impulso doivent agir.

Le défi est de taille, mais pas insurmontable 😉

Bon courage à tous !